Grace principalement à 2 morceaux « Take my Beat » et « Shutdown the System » qui sont devenus des tubes, une dizaine de disques and plusieurs remixs, Boris Divider est un des artistes les plus connus de la scène electro. Boris Divider est le manager du label Drivecom, l'un des mailleurs labels electro. Le label lance tout juste une nouvelle sortie "LHDM Remixes" sur Drivecom 9.
TPK: Salut Boris. Depuis 2003, après quelques sorties, Drivecom est devenu un label incontournable. Comment expliques- tu ce succès, quel est ton secret?
Boris Divider: Salut Templeplate, je ne peux pas vraiment dire quelles sont les clés du succès, je voulais juste mettre en avant ma vision de la musique electro. Je suis attaché au côté européen Kraftwerkien perpétuant les sons de la fin des années 90 façon Passarani, Voice Stealer ou les débuts de Anthony Rother. C'est peut- être le fait de combler un certain vide sur la scène electro qui a permi ce « succès ». Mais il est pour l'instant un peu compliqué de s'occuper d'un label dans un monde digital, le mot succès est un peu relatif.
TPK: Tu viens juste de sortir un nouveau disque « LHDM Remixes » (DCOM009) avec des remixs de trois morceaux issus de ton excellent album « La Hora de las Maquinas » (DCOM007). Toi, Exzakt et Umwelt avez réalisé les remixs. Peux- tu nous dire comment t'est venue cette idée, comment tu as choisi tes partenaires, qui a choisi les morceaux à remixer...?
Boris Divider: Cette sortie est vraiment spéciale, Fred (Umwelt) et Larry (Exzakt) ont fait un super travail mais pour moi ça signifie plus qu'un travail sur un disque vinyl, c'est plus sentimental. Ainsi j'ai pu réaliser un de mes rêves. Je voulais que ce soit d'autres artistes que moi qui fassent ce travail. J'ai donc choisi un artiste européen: Umwelt a une incroyable habileté avec tout ce qui touche aux sonorités sombres, aux nappes mélodiques et industrielles et aux rythmiques, et un autre artiste de l'autre côté de la terre: Larry, l'un des artistes les plus polyvalents de la scène electro américaine, qui m'a toujours soutenu et avec qui j'ai de bons rapports depuis plusieures années. Pour ce qui est de mon remix, à la base, je n'avais pas projeter de le faire mais c'est en arrangeant le morceau pour mon live que j'ai eû l'idée.
TPK: Tu utilises des machines en studio, ton materiel et ta config en lives son impressionnants, pourquoi prefères- tu les machines aux logiciels? Quelles sont tes machines préfèrées?
Boris Divider: En ce moment, tout le monde croit qu'il est obligatoire d'avoir des softs en studio mais il faut rester logique et prendre le meilleur des deux côtés. Je préfère commencer le travail sur une machine qui donne de l'inspiration plutôt que de cliquer sur une souris. Les softs rendent paresseux même si parfois tu peux arriver à quelque chose avec un soft et à rien du tout avec des machines. Mais pas de doute, je préfère m'amuser et prendre mon temps plutôt que faire vite. Je préfère découvrir les paysages plutôt qu'arriver à destination en 1 seconde. Beaucoup de gens font de la musique en quelques clicks, utlisent des banques de sons et mettent tout ça en ligne sur myspace. On consomme à toute vitesse, on vit à toute vitesse mais pour moi, la musique n'est pas un concept basé sur la vitesse.
TPK: Peux- tu nous dire quelques mots sur ton autre projet Shadow Runner?
Boris Divider:Je suis toujours resté fidèle mon côté techno. J'ai fait quelques productions pour Pure Plastic de Mark Broom et pour mon ami Oscar Mulero sur Warm Up. Ca n'est pas nouveau pour moi.
|
Je continue de penser que l'electro et la techno doivent rester soudées. J'adore particulièrement les sets djs composés à 50% d'electro et 50% de techno. Je déteste quand les djs européens ont des goûts trop radicaux. Je veux dire que les djs techno devraient faire tourner des galettes electro et vice versa. La techno et l'electro de Detroit sont un bon exemple. Pourquoi toujours séparer les deux? A la base, tout est techno. En relançant le projet Shadow Runner, j'avais en tête de m'amuser à faire des lives techno old school avec une vibe dark acid. J'ai toujours adoré les 90' de Mike Dred à Hardfloor. C'est plus proche du live que les tendances actuelles « morceaux tellement tout programmés que tu n'as plus besoin de mixer ».
TPK: Quelle est ta vision de la scène electro internationale, les artistes, les labels, les soirées? Que penses- tu de Madrid?
Boris Divider: La scène electro internationale est éparpillée, chaque pays a sa petite resistance mais il n'y a pas suffisament de gens et d'opportunités pour faire des choses. Les acteurs de l'electro font tous de leur mieux. Ca n'est pas une scène de fashion victims et on apprécie tous ça. Comme toutes les villes, Madrid a ses bons et ses mauvais côtés. A part moi, il y a pas mal de gens qui essaient de faire des choses même si ça ne marche pas toujours. Je ne veux pas m'occuper d'un club car je connais l'ambiance de cette ville depuis des années. Pour moi, il est préférable de faire une soirée tous le 6 ou 9 mois plutôt que chaque semaine. De plus, je sais quels sont les meilleurs endroits pour faire des soirées. Mais sans mentir, je suis épuisé de me battre depuis des années, pour que chaque soirée soit réalisée dans les meilleures conditions. Pour cela, je reçois des critiques positives et aussi négatives. J'essaie de faire en sorte que l'electro aie la place qu'elle mérite. Les gros évènements et les festivals doivent intégrer des artistes electro dans leurs line up.
TPK: Pour le moment, quels sont tes best sellers chez Drivecom?
Boris Divider: «Shutdown the System» DCOM005 et «Dark Robot Forces» DCOM003 mais "People Love Machines" DCOM001 est je crois une bonne trouvaille pour ceux qui le cherchent. La « Hora de las Maquinas » DCOM007 au format vinyl marche bien. Je pense qu'il peut devenir un collector dans le futur, qui sait. Concernant le format CD, c'est cool pour inclure des videos mais le meilleur son est sur vinyl!
TPK: Vas- tu faire une suite de "La Hora de las Maquinas"? Sais- tu quand?
Boris Divider: J'ai en tête en effet de faire une seconde partie mais pour l'instant je me focalise sur de nouvelles techniques et approches de faire de l'electro...
TPK: Quels sont tes prochains projets ou tes souhaits?
Boris Divider: Je ne sais pas si chaque souhait pourra se réaliser mais c'est le 5ème anniversaire du label et j'aimerais finir l'année avec une 10ème sortie. Ce sera une surprise. Je suis en train de préparer une seconde sortie de Drivecom Limited mais en même temps, Shadow Runner reçoit de très bonnes critiques, on me demande de faire des lives. Ma config sera orientée vers un live techno old school. Ca m'excite beaucoup... Puis nous avons aussi lancé un nouveau label, Zero Oscillator avec des bons potes, les meilleurs producteurs espagnols:Dj Muerto aka Arcanoid, Miguel Mendoza, Oscar Mulero. On fait tout ce qu'on aime dans les musiques electroniques: techno, acid, electro, idm., chaque membre fait le maximum pour chaque morceau. On parle de matos, de musique, de nos expériences ... bref, on fait comme des grand -mères à l'heure du thé. C'est drôle.
TPK: Merci pour l'entretien. Joyeux anniversaire et longue vie à Drivecom et à Boris Divider!
Boris Divider: Merci à l'équipe de Templeplate, je sais que vous êtes hyper actifs ;) Et merci à tous ceux qui soutiennent mon label et mon travail, je suis là parcequ'ils le souhaitent.
|